Le 6 novembre 2025, des femmes entrepreneurs, des institutions financières, des décideurs politiques et des acteurs de l'écosystème se sont réunis à Kampala pour un dialogue approfondi sur la manière dont un meilleur accès au financement et aux marchés peut permettre aux entreprises dirigées par des femmes de libérer tout leur potentiel et de stimuler une croissance économique inclusive.
Des obstacles aux opportunités
L'atelier a débuté par une discussion franche sur les contraintes financières auxquelles sont confrontées les femmes entrepreneurs. Bien qu'elles représentent une part importante des propriétaires de micro, petites et moyennes entreprises, de nombreuses femmes se heurtent encore à des obstacles tels que des garanties limitées, des taux d'intérêt élevés et un faible niveau de culture financière. Selon la Société financière internationale (SFI), combler l’écart entre les sexes dans l’entrepreneuriat en Afrique subsaharienne pourrait augmenter le PIB par habitant de près de 10 % d’ici 2030, ce qui souligne le potentiel de transformation des entreprises dirigées par des femmes.
« L’accès au financement et l’accès aux marchés sont les deux faces d’une même médaille. Sans l’un, la croissance est limitée ; avec les deux, la transformation s’opère »,
a souligné Sofian Dahmani, de la délégation de l’Union européenne en Ouganda.
Élargir l’accès au financement
Les tables rondes ont mis en avant des approches innovantes pour financer les femmes entrepreneurs.
Gorreti Serunkuma, responsable du développement commercial pour les services bancaires aux femmes chez Stanbic Bank, a noté que bien que les femmes comptent parmi les emprunteurs les plus fiables, elles restent sous-desservies par les systèmes bancaires traditionnels. Grâce à des initiatives telles que « Stanbic for Her », la banque propose des options de prêt flexibles et un soutien au renforcement des capacités pour améliorer la culture financière et la confiance des entreprises.
Alice Muwonge, directrice financière chez Ortus Capital, a souligné l’importance d’associer le financement à un accompagnement et à un soutien en matière de gouvernance. « Les femmes sont très innovantes, mais elles ont besoin de conseils techniques pour réduire les risques liés à leurs projets et de plateformes pour présenter leurs idées. L’autonomisation réelle se produit lorsque le financement rencontre les connaissances et les opportunités », a-t-elle noté.
Les participants ont également exploré les opportunités dans la finance verte, l’investissement à impact social et le financement par capitaux propres, les institutions exprimant un intérêt accru pour le soutien aux entreprises climato-intelligentes dirigées par des femmes.
L'impératif vert : relier genre et durabilité
En accord avec la Vision 2040 et le Plan national de développement V de l’Ouganda, l’atelier a mis fortement l’accent sur le développement vert et inclusif.
Sarah Fortunate, conseillère en climat et environnement à l’ambassade du Danemark, a mis en avant l’intersection entre le genre, l’action climatique et l’inclusion financière. Elle a partagé des informations sur des initiatives telles que la taxonomie verte de l’aBi et le programme de formation en finance verte, qui renforcent les capacités institutionnelles et favorisent les entreprises climato-intelligentes dirigées par des femmes.
Ses remarques ont renforcé un message clé : soutenir les femmes dans l’économie verte n’est pas seulement une question d’équité, c’est un investissement stratégique dans l’avenir durable de l’Ouganda.
Renforcer l’accès au marché : certification, compétitivité et relations
L'accès au marché est apparu comme un autre obstacle majeur pour les entreprises dirigées par des femmes. Alors que beaucoup produisent des biens et des services de haute qualité, le manque de certification, une stratégie de marque insuffisante et des canaux de distribution faibles entravent leur capacité à se développer.
La certification a été identifiée comme un atout essentiel pour l’entrée sur le marché et la compétitivité. Grâce à des partenariats soutenus par la GIZ avec Goldstone Consulting, les PME dirigées par des femmes bénéficient d’un soutien sur mesure pour répondre aux normes locales et internationales. « La certification est le passeport vers de meilleurs marchés », a déclaré Brian Jjemba, PDG de Goldstone, soulignant le lien entre l’assurance qualité et la réussite commerciale.
Co-création et collaboration au sein de l’écosystème
Une session de co-création participative a réuni des institutions financières, des organisations de soutien aux entrepreneurs et des acteurs du marché pour concevoir des solutions communes visant à élargir l’accès à des financements abordables, à renforcer la certification et l’image de marque, et à améliorer la collaboration au sein de l’écosystème. La session s’est conclue par un engagement commun à traduire les recommandations en actions concrètes.
Une vision commune pour l’avenir
Alors que les discussions touchaient à leur fin, un message a résonné dans toute la salle : l’autonomisation des femmes entrepreneurs est à la fois une nécessité économique et une voie vers la résilience nationale.
« Quand les entreprises prospèrent, les économies prospèrent. Notre rôle collectif est de faire en sorte que les systèmes fonctionnent mieux pour elles »,
a conclu Jeremiah Lwebuga, responsable national de la GIZ en Ouganda.
L’initiative WE4A reste déterminée à aligner le financement, les compétences et les opportunités de marché pour garantir que, lorsque les femmes ont accès aux ressources économiques, elles ne se contentent pas de participer : elles façonnent l’avenir de la croissance inclusive et durable de l’Ouganda.