Ce rapport examine comment l'investissement providentiel tenant compte de la dimension de genre (GLI) peut contribuer à combler le déficit de financement persistant dont souffrent les start-ups dirigées par des femmes en Afrique. Il met en avant le rôle essentiel des réseaux d'investisseurs providentiels pour combler le « fossé des pionniers », cette phase initiale où les start-ups peinent à attirer les investisseurs traditionnels. En intégrant les considérations de genre dans leurs décisions d'investissement, ces réseaux soutiennent non seulement les femmes entrepreneurs, mais contribuent également à remodeler l'écosystème d'investissement africain dans son ensemble pour le rendre plus inclusif et durable.
Même si l'Afrique affiche l'un des taux les plus élevés de femmes entrepreneures au monde, l'accès au financement reste très inégal. En 2023, alors que le financement global des start-ups a baissé à cause des pressions économiques mondiales, les start-ups dirigées par des femmes ont continué à recevoir une part disproportionnellement faible de capitaux. Par exemple, les start-ups dont l’équipe fondatrice était entièrement féminine n’ont levé qu’une fraction du financement total, et même celles comptant au moins une fondatrice ont reçu nettement moins d’investissements. Ça reflète un écart entre les sexes qui existe depuis longtemps, dû à des préjugés systémiques, un accès limité aux réseaux et des inefficacités structurelles dans le paysage de l’investissement.
Le rôle des réseaux d’investisseurs providentiels
Les investisseurs providentiels et les réseaux jouent un rôle crucial pour combler ce fossé en fournissant un financement de démarrage, du mentorat et un soutien stratégique là où les financiers traditionnels hésitent souvent. Ces réseaux font le lien entre les sources de financement informelles et les investissements plus importants en capital-risque. En Afrique, bien qu’ils ne représentent qu’une petite part du financement total, les investisseurs providentiels réalisent nettement plus d’investissements que les capital-risqueurs et sont essentiels à la survie, à la croissance et à la réussite des startups. Les réseaux d’investisseurs providentiels axés sur le genre vont plus loin en privilégiant les investissements dans les entreprises dirigées par des femmes et en favorisant des écosystèmes inclusifs.
L'investissement tenant compte de la dimension de genre en pratique
L'investissement axé sur le genre consiste à intégrer des facteurs liés au genre dans les décisions d'investissement afin d'obtenir à la fois un rendement financier et un impact social. En Afrique, cette approche gagne du terrain, avec davantage de femmes qui investissent et davantage de réseaux qui se concentrent sur les entreprises dirigées par des femmes. Les femmes investisseuses ont souvent des comportements d'investissement différents, notamment en mettant davantage l'accent sur la diligence raisonnable, le mentorat et la création de valeur à long terme. Elles ont aussi tendance à investir dans des secteurs à fort impact social, comme la santé, l'éducation et le développement durable.
Principaux défis
Malgré les progrès, des obstacles importants subsistent. Les réseaux d’investisseurs providentiels axés sur le genre sont peu étudiés et manquent souvent de soutien financier et opérationnel adéquat. Les femmes investisseuses rencontrent des difficultés pour intégrer les réseaux traditionnels « dominés par les hommes », qui reposent souvent sur des relations fermées et des structures homogènes. Le concept d’homophilie, selon lequel les investisseurs financent des personnes qui leur ressemblent, limite encore davantage la diversité et renforce les inégalités existantes. De plus, les femmes entrepreneurs continuent de faire l’objet d’une surveillance accrue, de valorisations plus faibles et d’un accès limité aux opportunités de financement à un stade avancé.
Opportunités de changement
Le rapport identifie de solides opportunités pour renforcer l’investissement axé sur le genre en Afrique. Il s’agit notamment d’accroître les investissements et le soutien aux réseaux d’investisseurs providentiels axés sur le genre, d’élargir l’accès au capital pour les femmes entrepreneurs et de créer des communautés d’investisseurs plus inclusives. Soutenir l’éducation, le mentorat et des modèles de financement innovants peut également contribuer à attirer davantage de femmes vers l’investissement providentiel. De plus, renforcer les partenariats entre les institutions de développement, les investisseurs privés et les acteurs de l’écosystème est essentiel pour amplifier l’impact.
Conclusion
L'investissement providentiel axé sur le genre est un outil puissant pour combler le déficit de financement et libérer tout le potentiel entrepreneurial de l'Afrique. En soutenant à la fois les fondatrices et les investisseuses, les réseaux d'investisseurs providentiels peuvent favoriser une croissance économique plus inclusive, encourager l'innovation et créer un écosystème d'investissement plus équilibré et plus résilient.
Auteur
Ce rapport a été rédigé dans le cadre du projet ScaleX : « Co-concevoir des solutions pour combler le déficit de financement lié au genre dans les phases de démarrage en Afrique », une initiative de Make-IT in Africa. Make-IT in Africa promeut l’entrepreneuriat et les écosystèmes d’innovation à travers l’Afrique pour un développement vert et inclusif. La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH met en œuvre ce projet pour le compte du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BM
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